Rescrit valeur : quand le silence vaut désormais acceptation

La loi de simplification de la vie économique modifie en profondeur le régime du rescrit valeur applicable aux petites entreprises. Désormais, pour certaines demandes, l’absence de réponse de l’administration fiscale dans le délai légal vaudra acceptation tacite de la valeur proposée. Une évolution qui marque un tournant dans la logique du rescrit fiscal et dans les relations entre l’administration et les entreprises…

Rescrit valeur : quelques rappels

Le rescrit valeur permet à une entreprise d’interroger l’administration fiscale sur la valeur d’un bien ou d’une opération avant la réalisation de certaines opérations fiscales sensibles.

L’objectif est simple :

  • sécuriser la valorisation retenue ;
  • éviter une remise en cause ultérieure par l’administration ;
  • et limiter les risques de redressement.

Le dispositif est particulièrement utilisé dans des situations telles que :

  • les transmissions d’entreprise ;
  • les restructurations ;
  • les apports ;
  • les donations ;
  • ou certaines opérations patrimoniales complexes.

Le fonctionnement actuel : un silence qui ne vaut rien Jusqu’à présent, le régime du rescrit valeur demeurait relativement protecteur pour l’administration fiscale.

En pratique :

  • l’entreprise adressait sa demande ;
  • l’administration disposait d’un délai pour répondre fixé à 6 mois ;
  • mais l’absence de réponse ne valait pas validation de la valeur proposée.

Autrement dit, le silence de l’administration ne sécurisait pas réellement l’entreprise.

Cette situation était souvent critiquée par les praticiens, notamment pour les PME, qui pouvaient :

  • attendre plusieurs mois sans visibilité ;
  • hésiter à finaliser leurs opérations ;
  • ou renoncer à solliciter un rescrit faute de sécurité suffisante.
     

Ce qui change avec la loi de simplification

Désormais, pour les entreprises relevant de la catégorie des microentreprises ou PME, l’absence de réponse de l’administration dans le délai légal vaudra accord sur la valeur estimée.

Le mécanisme devient donc un véritable accord tacite, puisque « le silence vaut accord ».

La mesure est d’application immédiate.

Une réforme importante pour les petites entreprises

Cette évolution constitue un changement majeur dans la philosophie du rescrit valeur.

Dorénavant, les PME bénéficieront d’une véritable sécurisation juridique passive :

  • l’administration devra répondre si elle conteste la valorisation ;
  • à défaut, la valeur proposée sera réputée acceptée.

Cette réforme s’inscrit pleinement dans la logique de la loi de simplification de la vie économique :

  • réduction des incertitudes administratives ;
  • accélération des décisions ;
  • amélioration de la sécurité juridique des entreprises ;
  • et fluidification des relations avec l’administration fiscale.

Elle traduit également une montée en puissance du principe selon lequel le silence de l’administration peut devenir créateur de droits pour les entreprises.

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